jeudi 4 septembre 2008


10 jours de pluie ininterrompue + rivière en cru = Lumaco sous l’eau…bloupbloup

Pour résumer la situation, après un week-end à Temuco où nous avons retrouvé Caro et Ricardo, on prenait l’apéro tranquille à la maison avec des potes, quand tout à coup on entend la sirène des pompiers : la rivière en crue atteint un niveau critique et menace les habitations. Pour l’instant on ne s’inquiète pas trop, mais le lendemain matin, notre coloc est appelé d’urgence car ça y est, l’eau est dans la rue et plusieurs maisons sont inondées. Heureusement pour nous, on garde les pieds au sec dans notre cabane, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

On voulait du terrain, on l’a eu !! Sauf que notre stage s’est quelque peu transformé en formation de sapeur pompiers…


On a enfilé des bottes et une combi en ciré (collection « paie ton hiver au chili »), et nous voilà parti dans l’eau pour évacuer quelques personnes et vider tous les meubles des maisons inondées. Sauf qu’avec plus de 80 cm d’eau, les bottes ne sont plus très étanches et l’eau de la rivière est aussi chaude que l’eau du bassin des anglais en janvier !

En plus, faire les déménageurs les pieds dans l’eau ça devient plus compliqué, on ne voit pas les escaliers ou la marche du trottoir et il vaut mieux ne pas trébucher en portant un frigo ou une armoire…Bien sur on a fait tout ça sous la pluie et le niveau d’eau continuait de monter tranquillement. Car comme il y a plusieurs rivières autour de Lumaco, à la fin elles se rejoignaient toutes dans la rue.Heureusement les maisons sont toutes un peu surélevées donc à l’intérieur il y avait entre 15 et 30 cm, ce qui permettait de garder les meubles un peu surélevé en attendant de les évacuer. Donc on faisait une file pour vider les meubles sur un gros camion. On a évacué aussi une boucherie, il fallait vider toute la viande congelé. On a fini de vider les maisons à la barque, là où le camion ne pouvait pas passer.
Mais même avec de l’eau jusqu’aux fesses il y avait toujours quelqu’un qui nous servait un verre de vin maison pour lutter contre le froid.
On s’est même retrouvé à sauver un cochon chez des gens inondés, la rue ressemblait à un fleuve avec du courant et ça faisait des vagues énormes quand on passait en pick-up. Une fois le cochon mis en sécurité on a été construire des petites digues en sacs de sable. Que d’aventure !!!
C’était horrible de voir les gens qui étaient inondés, avec toutes leurs affaires foutues, mais tout le monde s’entraidait et il y avait malgré tout une bonne ambiance. Et donc dans la même journée, on s’est promenée dans les rues de Lumaco en pick-up, en camion (sur la remorque), en tractopelle (dans la pelle) et en barque.

Le lendemain, l’eau continuait à monter par endroit, et on a continué à vider quelques maisons. Ensuite on a passé le reste de la journée sur notre camion a livrer du bois, du charbon, des sacs de sable...

Voilà un stage qui envoie de la buchette!!!


Et il y a des hommes forts qui travaillent dur.......ou pas: Des hommes d'action prêt à tout: notre coloc dans sa combi d'actionman (il kiffait trop son costume, limite s'il ne dormait pas avec)
Le schtroumf avec son gros sac de charbon, vous l'aurez tous reconnu, c'est bien Charles. Il s'est métamorphosé en hulk et maintenant il fait tourner les sacs de 80kg de sable avec son petit doigt!

A part ça, la vie suit son cours, on s'organise pour reloger les gens, distribuer des vêtements. Certaines parties de la ville sont inacessible et il faut faire passer les gens en barque. Ca fait un peu venise. Mais le soir on a du rester à surveiller les différents endroits inondés, et le passage en barque jusqu'à 1h du mat. Ca s'est finalement terminé en barbecue au bord de l'eau avec du pisco!!




Mise à part ça, la situation est quand même super tendu, il y a plein de dégats dans toute la région et beaucoup de chose à reconstruir. Et maintenant, on sait pas trop comment on va continuer notre stage car toute la région est déclaré en zone d'urgence agricole car une grande partie des paturâges sont foutus et il n'y a pas assez de foin pour nourir les bêtes, et beaucoup de cultures aussi sont foutues. Donc là notre boulot c'est plus d'aider les agriculteurs, c'est pour ça que Charles est parti chercher 500 bottes de foin avec les collègues.
D'ailleurs, à l'heure où je vous écris, nous attendons la ministre de l'agriculture qui vient nous voir pour faire un bilan de la situation agricole. Et demain c'est le ministre de la planification qui vient. On est bien loin du temps où on se faisait chier à la bibliothèque de Temuco...
Bisous à tous!

lundi 25 août 2008

Depuis une semaine, on vit à la campagne dans le petit village de Lumaco. C’est à 120 km de Temuco et il y a 6000 habitants dont 80% vivent dans la vaste campagne tout autour. C’est aussi la 7ème ville la plus pauvre du Chili car la plupart des habitants sont de petits paysans qui cultivent seulement pour leur propre consommation. C’est un village qui réuni 3 cultures différentes avec une grande partie de paysans mapuche, les autres paysans non mapuche et une communauté de colons italiens qui fait du jambon et des pasta.
On travaille à la mairie au sein de l’équipe de développement rural. Il y a une dizaine de personne dont la moitié sont ingénieurs agronomes répartis chacun sur des secteurs différents qui s’occupent de monter des projets agricole pour améliorer les conditions de vie des paysans, ils apportent aussi une assistance technique et les aident à avoir des semences et des fertilisants.
Donc avec Charles on part tout les jours avec un ou deux membres de l’équipe sur les petits chemins en terre pour rencontrer des paysans, on participe au travail habituel et en même temps on mène notre enquête qui consiste à voir les différences de production agricole entre les paysans mapuche et les autres.




C’est vraiment intéressant, ça change de lire des documents à la bibliothèque. Au moins on voit vraiment comment ça se passe, même si la réalité de la pauvreté est très dure. Les gens avec qui on travaille sont tous assez jeunes et il y a une très bonne ambiance. Tout le monde se connaît et c’est beaucoup plus facile de rencontrer plein de monde.

On a donc laissé notre bel appartement grand standing pour une petite cabane en bois. On vit chez un avocat de la mairie qui est fan de rodéo ! (avec la déco qui va avec : médailles, tableau et photos de rodéo) On est donc devenu en quelques jours presque incollable sur les règles du rodéo et les musiques traditionnelles.










En plus en ce moment c'est la campagne municipal, et comme à la mairie tout le monde est pour le maire sortant, on assiste aussi à tous les discours du maire. Au programme: l’inauguration d’un parc, d’un tractopelle et d’une camionnette (où on s'est pris du champagne chilien sur la gueule car ils arrosaient les machines et un peu les gens autour) puis le lancement officiel de sa campagne dans un petit bar où a été tourné le trés célèbre clip des charros de Lumaco "Ando de borrachera" (www.youtube.com/watch?v=JnVtWMvQHJo). On espère vraiment les voir en concert car ils envoient du lourd, mais pour le moment ils sont en tournée. Et pour l'occasion on a bien suivi le thème de ando de borrachera....car on s'est fait payé des verres toute la soirée! Et notre responsable de stage était complètement arraché derrière le bar et on a fini la soirée à 4h du mat devant un whisky on the rock dans le dernier bar ouvert à 20 km avec un inconnu et vieux qui jouaient au dés...

Enfin bref, les journées sont bien occupées. Entre les heures de 4x4 au milieu des collines et des rencontres toujours très chaleureuses. A chaque fois qu’on va chez des paysans, on est super bien accueillis et souvent on se retrouve inviter à manger ou boire quelque chose. Sauf que bien sûre, on fait parfois de bonnes découverte, une fois on s’est retrouvé à boire le vin de la maison, pour résumé ça avait le goût de vinaigre (pire que du cubi ouvert depuis 2 semaines). Par politesse on se force à boire le verre mais après on à eu le droit à la deuxième tournée puis à la liqueur, puis l’autre liqueur avec des fruits macérés, puis la chicha (une sorte de cidre avec moins de gaz). On est ressorti avec le nez bien rouge, mais heureusement il y avait du bon pain maison et du saucisson pour faire passer tout ça !!!
Mais sinon on se régale avec les sopaillpillas (beignet traditionnel), les tortillas et le maté !



Et les journées ne manquent pas d'aventures. Une fois on a failli de pas pouvoir repartir de chez un agriculteur car le pick up ne pouvait pas remonter la pente de boue, une autre fois c'était la baterie qui était à plat...

A part ça, les paysages sont super beaux, on est au milieu de collines boisées (avec une très grosse exploitation forestière, ça casse un peu le charme) et la cordillère des andes au loin avec ses volcans enneigés.






Week end avec Christian notre coloc (à gauche) et ses potos de rodéo! On est même sorti dans un pub super glauque avec au micro une approximative christina aguillera qui envoyait du fat et ensuite on a été à la discothèque dans un hangar encore plus glauque avec une piste de danse enflamée où 15 personnes dansaient en rang sur du reggeaton. On s'est bien marré quand même, en général le chili envoie vraiment du fat!!!!!

En bonus nos photos en mode colons allemand!





jeudi 14 août 2008

C'est qui les star???? C'est NOUS!!!!!


Et oui ça y est on est célèbre à Temuco!!! On a notre photo dans le journal! Et pas dans n'importe lequel, el Diaro Austral, le journal le plus lu ici.Et en plus avec mon nom, à la chilienne : Delphina. Bien sûre vous vous demandez "mais qu'est-ce que c'est que cette histoire?".
Alors pour la petite histoire, vendredi dernier avec charles on a été au théatre municipal pour aller voir un spectacle de "tunas", c'est des groupes d'étudiants guitaristes, chanteurs et danseurs traditionnels en costume. Alors on était tout content de se faire une petite sortie au théâtre. En attendant que ça commence on glandait comme tout le monde dans le hall du
théâtre et là un photographe vient nous voir et nous demande de prendre la pose. C'était pas tres pratique car j'était en train de manger un bonbon qu'on m'avait donné à l'entrée. Je pose donc en essayant de camouffler mon bonbon dans la bouche. Et après la photo il nous demande nos nom. Pour le prénom ça va, il comprend (a la chilienne) mais pour le nom, on a du lui
écrire. On ne savait pas si c'était un journaliste ou un gars du théâtre et puis il prenait d'autre personnes en photo aussi. Le dimanche suivant on revenait du marché, et la on voit en première page un article sur le spectacle en question, alors on achète le journal pour voir si notre photo était dedans, mais non. Déçus, on s'était donc résigné à ne pas être publié en pensant que c'était une photo pour les archives en souvenir du spectacle.
Mais quelle fut notre surprise hier soir en rentrant à l'appart, le gardien de notre immeuble nous a sauté dessus avec son journal pour nous montrer qu'on était dedans. On ne s'y attendait plus, on était mort de rire. Du coup on s'est dépéché de repartir pour aller acheter le journal car il était déjà 20h30. En arrivant au grand centre commercial a coté de chez nous on a croisé des gens qui nous on reconnu "regarde c'est ceux de la photo dans le journal". C'était très marrant. On a acheté le dernier journal qui resté (celui en exposition sur la vitre).
Pour la traduction de l'article c'est : Rencontre de tunas, un public de grande marque a assité à la rencontre de Tunas(les garçons) et estudiantinas (les filles) qui a eu lieu récemment au théâtre municipal.
C'est pas la classe?? De grande marque... Bref ça nous a beaucoup fait rire
Sinon pour les petites nouvelles, on a retrouvé Caro qui fait son stage en pisciculture sur le même campus que nous, mais contrairement à nous elle travaille beaucoup. Ellle hallucine de nous voir arrivé à la fac à midi . Elle vit chez sa prof, donc elle est en stage 24h/24h et on a pas pu la voir beaucoup pour le moment.
En pour ce qui est du stage, fini la vie à temuco, en temps que vrais agronomes on va vivre à côté des champs. C'est parti pour 2 ou 3 mois au grand air. On va vivre à Lumaco, une petite ville à 120 km plus au nord. Il parait que c'est la petite Italie locale. On verra...
Gros bisous à tous, et si vous voulez on fera une séance de dédicace en rentrant..

lundi 14 juillet 2008

En route pour l'aventure!

Et oui, vu qu'on travaille très dur pour notre stage, un peu d'aventures à la découverte du Chili s'impose pour s'aérer un peu l'esprit...Donc voilà un petit aperçu en image de quelques-unes de nos excursions à travers l'Araucanie.


Pour commencer, il a fallu que Charles s'achète ses toutes premières chaussures de rando, elles sont magnifiques. Ceci étant fait, en route pour les contrées andines. Première étape, Pucon, station balnéaire au pied du volcan Villarica, donc ville à touristes blindée de monde en été, mais comme on a eu la bonne idée de venir en hiver, c'est plutôt calme. Mais qui dit volcan, dit danger, heureusement le système d'évacuation en cas d'érruption est bien rodé. Et oui on ne voit pas très bien sur les photos mais de la fumé sort du cratère.



Après la promenade au bord du lac, en route pour le parc national, youpi! On passe prendre une carte du parc à l'office de tourisme, très motivé pour faire le tour du volcan, ah merde il y a 12 h de marche, bon on ne fera pas tout le tour mais de toute façon il y a des supers trucs à voir. Sauf que une fois arrivés à l'entrée du parc, SURPRISE!!!! Le gentil garde du parc nous annonce qu'aucun sentier n'est pratiquable car tout est recouvert de 40 cm de neige. Là on fait, bon ok il nous prend pour des touristes, mais nous on est des aventuriers!! En plus on ne voit pas un seul flocon de neige, à part sur le volcan bien sur. Mais de toute façon on est à pied et il y a encore 9 km pour aller au pied des pistes de ski sur le volcan, alors vamos al volcan.En effet un peu plus loin, il y a bien de la neige. Et la super rando se transforme en marche à pied sur la route (qui grimpe bien quand même) tout en se faisant doubler par des gros 4x4 de surfeurs.Mais bon la vue sur le lac, en valait bien le coup. Et heureusement, pour le retour on s'est fait prendre en stop par des moniteurs de ski, sinon on serai rentré au clair de lune. Prochaine étape: monter juqu'au cratère...Le lendemain, on s'organise un peu mieux et dès le petit matin, en route pour le parc huerquehue, avec cette fois des sentiers praticables (avec un peu de neige quand même pour le fun). Et c'est parti pour la tournée des lacs!
C'est un des plus beaux parcs de la région, avec des forêts d'araucania, l'arbre traditionnel de la régionmais qui est en voie d'extinction. On en prend plein les yeux. Et même si au départ on était avec un américain, il nous a tracé dans les 2 premières minutes.



Après le mode touriste en vadrouille pendant la semaine, un peu de travail le samedi matin. Marcello, prof de sol, nous à gentiment invité à participer à une sortie terrain pour visiter une ferme (d'un descendant de colon français) et étudier le sol dans la région du volcan llaima. La promenade se termine en visite touristique au bord de la cascade et sur les coulées de lave puisque ce volcan est entrer en érruption en janvier dernier.

Et quelques jours après cette petite ballade, qu'est-ce qu'on apprend: le volcan a remis ça et crache de la lave à 10 mètres de haut, à quelques jours près on aurai pu voir un joli feux d'artifice..



Pour la petite anecdote, si on a des gueules de cons sur cette photo, c'est parce que marcello a insisté pour prendre la petite photo souvenir, mais il y avait trente élèves qui nous matait et il a mis 5 minutes pour prendre la photo (il éteignait l'appareil à la place).
Et pour finir, quelques photos de notre virée au bord du pacifique à Puerto Saavedras, petite ville poussiéreuse d'après le lonely planet, mais qui a pour avantage d'être face à la mer!
Ici, la super discothèque VENUS:



De jolis bâteaux de pêche: Le sable noir: Et la vue sur la lagune:



Les totems mapuche:



Bonus:
-on a rencontrer un gars bourré qui s'appellait Alain Maurice Jacquard (de père français), en chilien sa donne du je m'appelle "allez mauriz Jaguard"
-on a été à un concert dans un bar du genre Emir Kusturica (ou Monster's Brothers), on ne s'attendait pas trop à ça en Amérique Latine