10 jours de pluie ininterrompue + rivière en cru = Lumaco sous l’eau…bloupbloup
Pour résumer la situation, après un week-end à Temuco où nous avons retrouvé Caro et Ricardo, on prenait l’apéro tranquille à la maison avec des potes, quand tout à coup on entend la sirène des pompiers : la rivière en crue atteint un niveau critique et menace les habitations. Pour l’instant on ne s’inquiète pas trop, mais le lendemain matin, notre coloc est appelé d’urgence car ça y est, l’eau est dans la rue et plusieurs maisons sont inondées. Heureusement pour nous, on garde les pieds au sec dans notre cabane, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.
On voulait du terrain, on l’a eu !! Sauf que notre stage s’est quelque peu transformé en formation de sapeur pompiers…
On a enfilé des bottes et une combi en ciré (collection « paie ton hiver au chili »), et nous voilà parti dans l’eau pour évacuer quelques personnes et vider tous les meubles des maisons inondées. Sauf qu’avec plus de 80 cm d’eau, les bottes ne sont plus très étanches et l’eau de la rivière est aussi chaude que l’eau du bassin des anglais en janvier !
En plus, faire les déménageurs les pieds dans l’eau ça devient plus compliqué, on ne voit pas les escaliers ou la marche du trottoir et il vaut mieux ne pas trébucher en portant un frigo ou une armoire…Bien sur on a fait tout ça sous la pluie et le niveau d’eau continuait de monter tranquillement. Car comme il y a plusieurs rivières autour de Lumaco, à la fin elles se rejoignaient toutes dans la rue.Heureusement les maisons sont toutes un peu surélevées donc à l’intérieur il y avait entre 15 et 30 cm, ce qui permettait de garder les meubles un peu surélevé en attendant de les évacuer. Donc on faisait une file pour vider les meubles sur un gros camion. On a évacué aussi une boucherie, il fallait vider toute la viande congelé. On a fini de vider les maisons à la barque, là où le camion ne pouvait pas passer.
Mais même avec de l’eau jusqu’aux fesses il y avait toujours quelqu’un qui nous servait un verre de vin maison pour lutter contre le froid.
On s’est même retrouvé à sauver un cochon chez des gens inondés, la rue ressemblait à un fleuve avec du courant et ça faisait des vagues énormes quand on passait en pick-up. Une fois le cochon mis en sécurité on a été construire des petites digues en sacs de sable. Que d’aventure !!!
C’était horrible de voir les gens qui étaient inondés, avec toutes leurs affaires foutues, mais tout le monde s’entraidait et il y avait malgré tout une bonne ambiance. Et donc dans la même journée, on s’est promenée dans les rues de Lumaco en pick-up, en camion (sur la remorque), en tractopelle (dans la pelle) et en barque.
Le lendemain, l’eau continuait à monter par endroit, et on a continué à vider quelques maisons. Ensuite on a passé le reste de la journée sur notre camion a livrer du bois, du charbon, des sacs de sable...
Voilà un stage qui envoie de la buchette!!!
Et il y a des hommes forts qui travaillent dur.......ou pas:
A part ça, la vie suit son cours, on s'organise pour reloger les gens, distribuer des vêtements. Certaines parties de la ville sont inacessible et il faut faire passer les gens en barque. Ca fait un peu venise. Mais le soir on a du rester à surveiller les différents endroits inondés, et le passage en barque jusqu'à 1h du mat. Ca s'est finalement terminé en barbecue au bord de l'eau avec du pisco!!

Pour la petite anecdote, si on a des gueules de cons sur cette photo, c'est parce que marcello a insisté pour prendre la petite photo souvenir, mais il y avait trente élèves qui nous matait et il a mis 5 minutes pour prendre la photo (il éteignait l'appareil à la place).
Et pour finir, quelques photos de notre virée au bord du pacifique à Puerto Saavedras, petite ville poussiéreuse d'après le lonely planet, mais qui a pour avantage d'être face à la mer!